Vendre son entreprise ne se résume pas à trouver un acheteur. Une cession réussie se prépare, se mène dans la discrétion et se conclut avec les bons conseils autour de la table. Voici les étapes, telles que nous les menons avec les dirigeants de PME et de commerces.

1. Décider de ce que l'on vend : le fonds ou les titres

Une entreprise individuelle ou un commerce vend le plus souvent son fonds de commerce (clientèle, bail, matériel). Une société peut vendre son fonds ou ses titres (parts sociales ou actions) : l'acquéreur reprend alors la société entière, avec ses contrats, ses salariés et son passif. Le choix change la fiscalité, les droits d'enregistrement et la façon de négocier. Voir Cession du fonds ou cession des titres et les droits d'enregistrement.

2. Préparer l'entreprise, idéalement trois à cinq ans avant

Les repreneurs regardent d'abord :

  • des comptes lisibles sur trois exercices, sans éléments exceptionnels inexpliqués ;
  • la dépendance au dirigeant et aux principaux clients ;
  • une équipe capable de tenir la transition ;
  • un bail, des contrats et des autorisations à jour.

Notre pré-diagnostic de cédabilité donne en douze questions un premier regard sur ces points.

3. Estimer une fourchette de valeur réaliste

Selon le métier, la valeur se raisonne en multiple de l'excédent brut d'exploitation (EBE) ou, pour certains commerces, en pourcentage du chiffre d'affaires. Une fourchette indicative aide à décider ; une estimation fiable demande l'analyse des comptes, du bail et des actifs par un professionnel. Voir Estimer la valeur de son affaire.

4. Choisir son accompagnement

Pour un fonds de commerce, ou des parts sociales d'une société qui exploite un fonds, l'intermédiaire doit détenir une carte professionnelle « transactions » et un mandat écrit ; ses honoraires ne sont dus qu'à la signature de l'acte. Pour des actions de SAS ou de SA, la mission prend la forme d'une lettre de mission. Dans tous les cas, votre expert-comptable et votre avocat restent au centre du dossier.

5. Rechercher les repreneurs, en toute confidentialité

L'identité de l'entreprise n'est révélée qu'à des repreneurs sérieux, après signature d'un engagement de confidentialité. On commence par un dossier anonymisé (teaser), puis un dossier de présentation complet. Les meilleurs repreneurs sont souvent des entreprises du même métier qui rachètent pour grandir : voir qui rachète dans votre métier.

6. Informer les salariés quand la loi l'impose

Dans les entreprises concernées, les salariés doivent être informés de la cession avant sa réalisation, pour leur permettre de présenter une offre. Les règles (seuils, délais, sanctions) ont été modifiées par la loi de simplification du 26 mai 2026 : faites vérifier votre situation par votre conseil.

7. Négocier, auditer, signer

Lettre d'intention, audit par l'acquéreur, négociation du prix et des garanties, financement du repreneur, puis signature de l'acte de cession. Comptez en général plusieurs mois entre la mise en vente et l'acte.

8. Anticiper la fiscalité du vendeur

La plus-value de cession peut bénéficier de dispositifs, notamment l'abattement de 500 000 € pour le dirigeant qui part à la retraite, prorogé jusqu'au 31 décembre 2031 sous conditions. À étudier avec votre expert-comptable avant de signer.


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Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil juridique ou fiscal.